Témoignage – Mémoires d’un yakuza

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Quelques Infos sur l’oeuvre :

Titre : Mémoires d’un yakuza

Auteur : Junichi Saga

Éditeur : Picquier poche

Prix : 9,70 euros

Parution : 2007

Nombre de pages : 362

Entrée en matière –  Ça parle de quoi? Ça  vient de qui?

Mémoires d’un yakuza est un livre de Junichi Saga, médecin et écrivain. A la fin des années 1970, son patient Ijichi Eiji décide de lui raconter son parcours en tant que chef des yakuzas spécialisé dans les affaires de jeux à Tokyo. Eiji témoigne alors avec plein de sincérité, de son apprentissage, son ascension sociale, du milieu carcéral et de tous les événements marquants de sa vie, avant de mourir. Junichi Saga essayera de retranscrire au mieux tous les dires de son patient dans un livre : Mémoires d’un yakuza.

Ma critique  

Pour mes plus fidèles lecteurs, vous aurez compris que je suis une grande fana de tout ce qui touche à l’univers asiatique. Alors quand je suis tombée sur ce livre, j’ai tout de suite craqué! Déjà, je trouve que le monde des yakuzas est très peu exploité en littérature (à part dans les mangas, mais ça reste du domaine de la fiction et pas vraiment éducatif), donc c’est super sympa un bouquin sur le sujet, ça change vachement. Et puis pour tous les amoureux du Japon, quel bonheur de retrouver cette culture si différente de la nôtre dans la nourriture, la description des lieux, les habitudes  (politesse, façon de dire bonjour, de se déchausser chez autrui etc… ).

Ce livre était encore plus dépaysant que ce que j’espérais, car en plus de changer de culture, on change d’époque. En effet, on retourne dans le début XXème siècle, avec  Ijichi Eij  qui nous parlera alors des lavandières qui lavaient le linge des geishas,  du travail à la coke et au charbon, de l’ancienne médecine très douloureuse car sans anesthésie et loin d’être aussi efficace que celle que l’on connait et bien d’autres choses que nous ne connaissons plus. Même la conception de l’argent est très différente, dans un passage un homme dit à Eiji : « tu peux me prêter 10 yens ? » et il répond alors « ou crois-tu que je vais trouver cet argent ? », 10 yens aujourd’hui représente une somme vraiment modique (même en prenant en compte la conversion entre l’ancienne monnaie et le yen actuel).

Le roman est très bien contextualisé, car Eiji ne se contente pas de raconter son histoire : il l’explique. Du coup, quand il aborde des moments historiques au Japon dont il a été témoin comme l’émeute d’Ashio de 1907 (exploitation d’une mine de cuivre) ou certains tremblements de terre, l’événement est rendu très humain et profondément touchant. Ce livre est une immense mine d’informations, autant sur les yakuzas, que sur le monde de clandestinité, ou sur les mœurs japonaises, mais toujours narré avec une conception très personnelle des choses, l’auteur ajoute des commentaires comme « il ne serait pas mort, s’il n’avait pas été aussi attaché à l’argent » ou bien met des faits sur le compte de la sorcellerie.

J’ai adoré la manière dont l’histoire a été raconté par l’auteur, on ressent réellement qu’il n’y a aucune exagération dans la narration et que l’écrivain se contente d’écrire la vie d’Eiji. Eiji raconte également beaucoup de récits venant de ses compagnons d’un jour ou de ses fidèles amis (condamné à mort, l’homme du bateau clandestin), ce qui nous permet d’encore plus nous attacher à son histoire.

Ce témoignage a été un réel coup de cœur littéraire pour moi, je suis totalement rentrée dans l’univers et je me suis laissé bercer par la nostalgie d’Eiji quand il nous racontait toutes ses aventures. Certains seront peut-être dessus s’ils s’attendaient à de multiples guerres de gangs et à plein de barbaries dans ce roman, mais personnellement j’ai été profondément touché par toutes les leçons de respect et d’humilité que nous véhicule ce livre.

Je regrette vraiment qu’il n’existe pas beaucoup de livre sur le sujet, Mémoires d’un yakuza fait partie des deux-trois livres cultes que l’on peut trouver en librairie, mais on n’est vraiment loin d’avoir l’embarras du choix (du moins en ce qui concerne les histoires véridiques ou les enquêtes sérieuses dans le domaine). C’est assez dommage car je pense que ça intéresserait beaucoup de gens, la violence et les gangs ça marche toujours en général-rien qu’à voir le nombre de film sur les yakuzas– et j’ai l’impression que la culture asiatique attire de plus en plus de gens ces dernières années.

Bref, tout ça pour dire que je recommande à 100% Mémoires d’un yakuza. Autant pour les amateurs de culture japonaise que pour les novices, il n’y a que du bon à retirer de ce témoignage.

really like

Coup de cœur!

 

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2 commentaires sur « Témoignage – Mémoires d’un yakuza »

  1. Je ne connais pas ce livre, mais ton article donne envie de le découvrir. C’est un univers assez caché ici et une des raisons pour lesquelles les Japonais ne sont pas tatoués : c’est très mal vu car cela évoque les gangs et l’appartenance aux Yakusa. Du coup, si tu veux t’inscrire dans une salle de sport ou aller dans un onsen, il est interdit d’avoir un tatouage, sous peine d’être expulsé immédiatement du lieu ! Si les Yakusa t’intéressent, je te conseille un très court roman de Fuminori Nakamura intitulé « Pickpocket » ou un voleur rencontre le monde des Yakusa…

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    1. Justement pour la petite anecdote, je suis allée au Japon et j’ai été refusé d’un parc aquatique car j’étais tatouée. Pour le onsen, pareil, j’en ai trouvé un qui m’accepte mais avec énormément de mal. J’irai voir le roman avec plaisir !!

      Aimé par 1 personne

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